samedi 30 juin 2012

Re-venir, reve-nir ...

Ca y est, tu es là, un temps précis de ton existence,
Ta famille est devant toi, te regarde avec ces yeux des jours passés loin les uns des autres,
On se demande par après ce qu'on aurait pu dire, ce qu'on aurait dû dire... Je ne sais toujours pas.

Tu défais ton sac. Il y a quelque chose qui cloche. Certains objets ont l'air de ne pas avoir leur place ici, dans cette réalité-ci. Etrange...
 Je disais que finalement, c'est facile de revenir là où on est né, mais je dois dire que je n'en suis plus si sûr.
J'ai l'impression que tout est étrange, comme décalé. 
Finalement, il n'y a pas tant de différence entre ici et là-bas. Mais ce qui est perturbant, c'est ce point de chute où tout diffère, difficile pour l'instant de mettre le doigt dessus.

Non, je n'ai pas encore l'impression d'être revenu, pas tout à fait en tout cas (...)

dimanche 3 juin 2012

Il pleut sur Iguazu, en Argent-ine...

Je ne vous le dis qu'une fois,
C'était les chutes d'Iguazu sur terre,
Et les chutes du Niagara dans le ciel...

Ha tourisme, tourisme, et tourisme...
Drole d'alliage que de voir le fric s'allier à la nature (...)
En fait, je ne veux pas dire ici que je n'ai pas apprécié ma journée,
Et toutes ces facilités pour m'en faire profiter.
Mais j'ai aussi envie de dire que bien qu'en pleine nature toute la journée,
On pourrait bien avoir l'impression de ne jamais s'y connecter.
Bon d'accord, cela fait bien longtemps qu'on s'est déconnecté de notre Terre Mere, mais soit.

Du bus, au parterre fait de ciment, du ciment aux passerelles et escaliers,
La forêt si belle et si luxuriante soit-elle t'es toujours présentée derrière une barrière métallique,
Et le touriste est bien prié de ne pas sortir des sentiers de fer (faut dire que s'il en sortait, il la pourrirait, cette nature, non ?)...
On passe aussi de rivière, de ruisseau, au-dessus d'îles, sous des chutes, a cote de chutes, au-dessus des chutes. Comme une mauvaise métaphore de l'homme moderne qui contemple sa nature, qui la regarde de haut quelques instants pour s'en détourner, lui tourner le dos. Et ne plus y penser.
D'autres diraient ici : "Mais comment a-t-on pu tellement renier si pas oublier d'où on vient ?".
Moi, je n'en sais rien.
Et je me demande bien pourquoi...
Tous ces gens autour de nous, et même nous en quelque sorte, le portefeuille plein de feuilles,
Et la luxuriante chance de voyager, de barauder, de découvrir.
Qui rentre dans le "duty free shop" comme on gravit le Machu Pichu, comme on parcourt les déserts de Bolivie, comme on photographie l'eau d'Iguazu.
Je me demande bien quel est la direction profonde de ce matérialisme religieux qui matérialise justement jusqu'à la nature, sa beauté, son accès, ses points de vue.

Une nouvelle fois, je rappelle que ce n'est que mon point de vue. Mais je n'ai pas vu (heureusement ou malheureusement) plus de gens souriants dans ce "duty free shop" que dans le Parque Nacional de Iguazu". Peut-être seulement oui lors des quelques photos souvenirs, où de nos jours on peut peut-être se demander si les albums photos servent à se souvenir des lieux où on a été, des personnes qu'on a été ou que l'on pense que l'on a été... pour se rappeler ce qu'est sourire.
Des albums souvenirs, pour se souvenir d'un autre avenir ?

C'est sûr, sans mépris j'essaie, sans cris je le jure, moi j'aspire à un autre à venir,
Et je voudrais vraiment, vraiment voir plus souvent le sourire que j'ai arboré dans ce parc,
Main dans la main, avec celle qui m'accompagne, qui me fait sourire, qui me fait rire.
A deux, c'est mieux ?
A deux, il y a plus que tout seul... Deux, c'est un début pour être heureux (...)